samedi 18 septembre 2010

Out This Week #3 : The Radio Dept. - The New Improved Hypocrisy

Cela fait un bon moment (en réalité, depuis le tout début de ce blog) que je n'avais pas traité d'actualité. Mais la rentrée aidant, quelques sorties, que j'évoquerai peut-être, sont planifiées. Ce n'est pourtant pas le cas de The New Improved Hypocrisy, le nouveau single de The Radio Dept., qui n'est ni une sortie physique (le groupe offre simplement depuis Mardi la chanson en téléchargement gratuit à ses fans via son label Labrador, sur http://www.labrador.se/hypocrisy/), ni une sortie vraiment prévue. Mais l'occasion fait le larron, et la bande de Johan Duncanson avait semble-t-il envie d'exprimer ses opinions, moins d'une semaine avant une échéance électorale en Suède (les électrions générales ce Dimanche 19 Septembre, en l'occurence). Ce n'est pas une première pour eux, qui avaient déjà abordé de tels thèmes en désavouant leur premier ministre sur Freddie And The Trojan Horse, puis en plaçant un sample de Thurston Moore en pleine pensée gauchiste au début d'Heaven's On Fire. Je suis en général réservé vis-à-vis des groupes qui s'engagent, sauf que là ...


The New Improved Hypocrisy (=>) s'ouvre sur une couche sonore poursuivie par un beat dévitalisé, une basse ondoyante, et, encore et toujours, des arpèges de guitare délicats et lumineux. La patte est immédiatement reconnaissable, ces messieurs ont un son caractéristique, et quel son (la production est superbe) ! Le premier éclatement (pourtant coulé dans une forme de retenue) vient quand rentre une pédale fuzz vers la quarantième seconde. La mélodie est en place, Johan peut intervenir de sa voix toujours voilée et perdue, pour souffler, plus qu'il ne chante, quelques mots. Je passe volontiers sur le texte lui-même, qui dans sa critique ironique et marquée bien à gauche, convaincra à des degrés divers (disons de la tendresse à l'indifférence) selon qu'on en partage ou non le message. Toujours est-il que la musique, et même la musicalité des mots eux-mêmes, fait qu'on se laisse doucement bercer dans cet ailleurs de shoegaze synthétique, où chaque petite touche, ajoutée aux autres, crée un univers majestueux. Le second couplet se fait en forme de pause, basse épurée et voix toujours sublime en tête-à-tête. Les arpèges, à la suite esseulés, offrent comme un regard vers l'horizon, la douceur d'un soleil matinal, avant une dernière montée fatale, de laquelle se dégage une forme de tension millimétrée, où chaque élément joue modestement son rôle. Le tour de force est réel, et la chanson nous laisse en pleine hauteur, émerveillés. On reprocherait presque à The Radio Dept. de ne pas avoir gardé une telle mélodie pour exprimer un sentimentalisme plus exaltant. Mais au fond, ils semblent disposer d'un tel réservoir, d'une telle capacité à écrire, qu'il n'y a pas lieu de s'inquiéter.

0 commentaires:

Enregistrer un commentaire

 
 
Copyright © Chocolate, Love, Sex.
Blogger Theme by BloggerThemes Design by Diovo.com