
mardi 6 septembre 2011
Un single #26 : Shimmering Stars - East Van Girls / I'm Gonna Try EP [2010]

dimanche 14 août 2011
Un single #25 : Beach Fossils - Daydream [2010]

dimanche 7 août 2011
Un single #24 : Yuck - Shook Down/Milkshake [2011]

mercredi 6 juillet 2011
Un single #23 : Ride - Today Forever [1991]

vendredi 20 mai 2011
Un single #22 : Northern Portrait - Napoleon Sweetheart EP

vendredi 13 mai 2011
Un single #21 : Galaxie 500 - Tugboat [1988]
Tugboat, donc, laisse opérer sa magie sur la face-A. Il ne faut pas plus de deux accords à cette guitare pour mener l'ensemble du morceau dans une mélodie à la pureté fatale. Oui, il y a aussi cette lead qui s'embarque dans un solo posé comme une caresse. Mais franchement, ces deux accords inlassablement répétés, semblent tout emporter, respirer sans arrêt pour définir la sensualité. Alors Dean, plongé dans la reverb, balance, presque insolent, quelques mots qui paraissent ne pas revêtir grand sens ("I don't wanna stay at your party/I don't wanna talk with your friends/I don't wanna vote for your president/I just want to be your tugboat captain") ... avant pourtant que ne vienne se greffer un décollage probablement sexuel ("It's the place I'd like to be/The place I'd like to see/The place I'd be happy"). Plus rien ne s'opposera ensuite au désir brûlant qui gagne une montée ultime, orgasme musical où se consume une passion ardente, où se perd tout contrôle dans un délicieux vertige. Tout se termine enfin dans la plus grande délicatesse, et sans doute aussi dans un regard amoureux ...

samedi 23 avril 2011
Un single #20 : Craft Spells - After The Moment [2011]

dimanche 17 avril 2011
Un single #19 : Still Corners - Don't Fall In Love/Wish [2010]
Sur la première face-A, Dont Fall In Love (=>), l'atmosphère se pose dès la première seconde, mais avec une délicatesse certaine. Guitare légèrement écorchée (Sune Rose Wagner, es-tu là ?), basse reprenant à son compte la mélodie divaguante, choeurs évaporés, batterie rudimentaire : on respire d'emblée, et avec plaisir, l'influence 60's, évidente et diffuse, dans un flottement sensuel au goût de laisser-aller diabolique. Puis, le coup fatal est porté par cette voix d'ange fatigué, au souffle majestueux, perdue dans une brume de reverb, comme si Phil Spector avait croisé Rachel Goswell pour donner à ses productions le goût des illusions dream-pop. La composition s'étend ici avec une classe presque insolente, entre ce refrain qui s'envole puis s'évanouit dans un soupir, et ces éclairs de guitare suspendus. Un moment délicieux donc, et troublant de singularité.L'autre face-A, Wish, choisit des contrées plus éthérées autour d'une guitare acoustique jouée d'un finger-picking doux comme une brise d'été. Les minuscules touches de guitare électrique, ou de piano, dévoilent un impressionnisme lumineux, mais c'est avant tout la voix de Tessa Murray, murmure et caresses mêlés, qui construit une mélodie à l'indicible pureté, surtout quand monte le refrain, porté par des mots envoûtants de simplicité ("I had dreams I can't remember, and you've had them too ..."), prononcés avec une tendre lenteur. On hésite sans doute encore un peu sur les sentiments à éprouver, tant la mélancolie est baignée de soleil, tant le moment est sublime, mais comme toujours, trop court. Pourtant, tout est dit dans ces 103 secondes contemplatives, à vivre comme un songe parfait, une respiration idéale. Des rêves comme celui-là, on aimerait en faire beaucoup, et ne jamais les oublier ...
dimanche 6 mars 2011
Un single #18 : My Bloody Valentine - You Made Me Realise EP [1988]
mardi 18 janvier 2011
Un single #17 : Lilys - February Fourteenth [1991]
February Fourteenth (=>) occupe donc la face-A. Pour ceux qui n'auraient pas suivi, c'est la date de la Saint Valentin ... S'agirait-il par là de rendre hommage à My Bloody Valentine ? L'hypothèse n'est pas à exclure, tant l'influence du MBV première époque est palpable à l'écoute de la chanson. Car après une introduction ou les guitares expriment des relents très surf-music, la rythmique débarque carrément ventre à terre, et emporte avec elle un vacarme furieux donnant naissance à une mélodie éclatante et éclatée, ensoleillée par une intensité incontrôlée. Sur ce qui ressemble à un refrain, on retrouve un échange garçon-fille forcément fatal (avec toujours cette pointe de timidité, que met d'ailleurs en évidence la pochette du single), et dont les paroles incompréhensibles ne laissent d'autre choix que celui d'une interprétation imparfaite. Qu'importe, tant l'énergie balaie tout sur son passage, comme lors du pont où les guitares se mettent soudain à hurler un feedback épileptique. Une sacrée bouffée d'air frais, la jeunesse incandescente à la conquête du monde.
Sur la face-B, on trouve Threw A Day (=>), qui se fera également sa place plus tard sur In The Presence Of Nothing, le premier album du groupe. Elle commence à peine plus calmement avec des arpèges sous effets, avant que ne rentre une batterie lourde et violente. Un contraste se crée avec la voix douce de Kurt Heasley, qui chante cette fois des paroles qu'on devine plus romantiques. Malgré tout, la folie sonore qui l'entoure ne prend jamais le temps de s'arrêter, entre une basse virulente, et une guitare rythmique dévastatrice. C'est pourtant là que le shoegazing gagne ses lettres de noblesse, au milieu de mélodies d'une pureté magistrale, d'envols bruyants qui élèvent le propos tout autant qu'ils ne le brouillent. La composition pop, ainsi bousculée, trouve une émotion inédite dans l'ambigüité de ces choses que l'on cache derrière un mur de son ... comme pour mieux les souligner.
mercredi 12 janvier 2011
Un single #16 : Washed Out feat. Caroline Polachek - You And I [2010]
You And I (=>) donc, est bien le seul fichier offert à cette occasion, mais qu'importe. L'entrée dans le morceau se fait via des boucles aquatiques, lentes et pures, et un voice-cut mélodique mais indéchiffrable. Le beat, fatalement influencé hip-hop, se pose avec une relative lourdeur, mais trouve la bonne mesure pour tenir, imperturbable, la chanson à bout de bras, sans pour autant l'envahir. La voix d'Ernest Greene est plongée dans l'écume des vagues qu'elle surplombe, saturée d'effets, trainante et légèrement désespérée. Les synthés sont accumulés, entremêlés, fourmillent de détails, semblant tantôt un peu têtes en l'air, tantôt porteurs conscients d'une réelle importance (comme quand ils nous emportent vers le refrain). Soudain, une nouveau voice-cut, d'une voix angélique et exaltée, vient ouvrir la voie d'un pont magistral laissé aux petits soins de Caroline Polachek (la demoiselle qui officie chez Chairlift), qui y chante d'un murmure sensuel (si ce n'est sexuel) quelques mots doucement troublants ("Under unnatural circumstances/I forget about your vain pretences/But if you wanna recreate the sea/And the sky for me/How could I - How could I - I got ya"). Autant dire que la chanson ne s'en remettra pas, tant elle semble ensuite hésiter à s'éteindre, avant pourtant d'offrir un dernier refrain. Tout est dit, et force est de constater que la grande force de Washed Out réside probablement dans le fait de réussir à modeler dans ses morceaux des atmosphères très particulières, toujours entre hédonisme désabusé, et nuits d'été sexy et désinvoltes.
jeudi 6 janvier 2011
Un single #15 : Memoryhouse - Caregiver [2010]
La première surprise à l'écoute de la face-A Caregiver (=>), c'est l'absence totale des samples qui constituaient jusque là l'essentiel du son du groupe. En lieu et place, on plonge dans un piano à l'incroyable ampleur (très new-wave dans l'esprit, d'ailleurs), et dans la voix de Denise Nouvion, toujours magistrale, satinée d'une légère reverb qui la rend calme, apaisée, sans pourtant ne rien enlever à son intensité. La composition évolue dans une mélodie lunaire, où le mystère se mue en perfection, avant de s'envoler sur un refrain, où, un peu comme sur Loveless, les mots disparaissent pour laisser place à des songes rêveurs, tandis qu'une guitare développe des nappes shoegaze chatoyantes en arrière-plan. Tout est ici dans la sensibilité, dans une forme de retenue qui donne aux choses une simplicité qu'on peut qualifier de simplement belle. Le final, où Denise chante de sublimes "Leaving all the ghosts behind." doublés d'un echo justement très fantomatique, est véritablement désarmant, comme le sont les derniers accords que la guitare glisse, seule avant que l'enregistrement ne se termine.Et comme on ne peut s'arrêter en si bon chemin, la face-b Heirloom est peut-être encore meilleure. Tout commence par des nappes qui rappellent Windy & Carl, avant que ne s'impose un beat aussi imperturbable qu'irrésistible. L'atmosphère joue sans hésiter dans le shoegazing, avec des arpèges perdus dans une étendue de bruit qui produit une enveloppe douce, écrin parfait pour une Denise qui chante avec détachement. Le refrain, très 80's, est absolument tubesque, à peine remuant, clairement troublant. Mais le moment de grâce survient surtout lors d'un pont ultime, où des synthés, d'une splendide fragilité, se posent et laissent à la basse le soin de guider une mélodie du genre à briser le coeur. Une guitare émerge soundain pour entamer une course épique qui va emporter la chanson vers une fin où l'on se délecte, les yeux mi-clos, de l'évidence mélodique, de l'émotion qui submerge les sensations, les perceptions. Un signe, sans doute, qu'Evan et Denise ont cette capacité, si rare, à marquer les esprits, d'une sublime mélancolie.
mardi 28 décembre 2010
Un single #14 : Fitness Forever - Mondo Fitness EP [2010]
dimanche 12 décembre 2010
Un single #13 : Wild Nothing - Summer Holiday [2009]
Et bien, elles commençaient par des accords lâchés avec excitation. Des accords qui créent une mélodie impossible, à la beauté lumineuse. La batterie rentre elle aussi en courant, tête en l'air et cheveux au vent, sans plus se soucier que ça du lendemain (quel lendemain ?). La voix, par contre, est un peu plus du genre contemplative. Elle s'attarde un peu, se pose des questions, accélère soudain, mais pas franchement, et toujours dans un détachement délicieux. Le temps d'un refrain sans paroles, on peut se laisser aller à fredonner une exalatation passagère. Plus loin, on s'aventure sur un pont magistral : arpèges éclatants entrecoupés d'accords épurés, break de batterie sur lequel on peut danser timidement, et qui débouche sur une ligne de basse élastique et libérée. Magistral. Et autant le dire, dans votre vol pour très loin, dans le train pour ailleurs, ou même encore sur l'autoroute vers n'importe où, et puis même en restant chez soi pour trainer dans le quartier les soirs où il fait trop chaud, on tient là une composition tout simplement parfaite, qui traine cette mélancolie qui rend certains étés inoubliables.
Retourner le 7' permet ensuite d'embarquer dans Vultures Like Lovers (=>). Le paysage y est sublime, tout autant que déroutant : une guitare éclatée comme un ciel étoilé par un delay halluciné, un beat tremblant, épuisé. Si la voix semble peiner à se faire une place, elle souligne surtout la fragilité de l'ensemble, sorte de miracle permanent, à la touchante précarité. La mélodie ondule, se courbe, la lumière perce parfois au milieu d'un brouillard enveloppant. La limite entre intime et infini se trouble terriblement, les perspectives se brouillent, les répères s'éparpillent. Quels sentiments sont ici exprimés ? Qu'importe, serais-je tenté de répondre : chacun peut trouver là ce qu'il ressent, et s'approprier véritablement la composition, ces images floues, mais simplement belles. Quant à la suite de l'histoire de Jack Tatum, vous la connaissez sans doute aussi bien que moi.
lundi 6 décembre 2010
Un single #12 : Camera Obscura - Eighties Fan [2001]
Eighties Fan occupe donc la face-A, et s'ouvre dans un clin d'oeil appuyé aux Mary Chain (ou à Phil Spector ?), avec l'utilisation du beat de Be My Baby des Ronettes. Mais pas de guitare stridente à l'horizon : seulement Tracyanne Campbell, quasiment a capella, tout juste soutenue par une basse minimaliste. Les paroles sont malicieuses, et l'amosphère reste un peu suspendue jusqu'à l'arrivée de la guitare acoustique sur le refrain. Les choses se mettent en place doucement, un peu comme si la chanson se réveillait lentement. Pourtant, après le second refrain, une pluie de cordes soulève le morceau, soulignant superbement la mélodie. On ne s'en remettra pas, tant le romantisme et la classe transpirent de cette envolée digne des grands moments de Belle & Sebastian (l'affiliation entre les deux groupes est à l'époque évidente). C'est dans un sourire timide que Tracyanne conclut par des "I'm gonna tell you something good about yourself./I'll say it now and I'll never say it about no one else.", tandis qu'on se délecte encore quelques secondes d'arrangements subtils et délicats.
Sur la face-B, on trouve deux sucreries délicieusement twee-pop. La première se nomme Shine Like A New Pin (=>), qui fait d'emblée sautiller. On fait ici sans les violons, mais le synthé, discret et mélodieux, remplit son rôle à merveille. Tracyanne y chante de son naturel un peu effacé, sans jamais forcer, comme dans un murmure à peine élevé. Sa mélodie vocale est ensoleillée, et le soutien des choeurs de John Henderson apporte une profondeur intéressante. On se laisse aller à perdre un peu la raison sur un pont long mais justifié, pendant lequel s'invite notamment une guitare électrique intense. Puis on glisse vers un final plaisant et relaché, qui coule un peu comme quand on a pas envie que le morceau finisse parce qu'on danse avec une jolie fille ... Let's Go Bowling (=>), elle, est bien plus mélancolique. Habillée d'une acoustique intimiste, on y ressent assez bien l'ambiance de chambre d'étudiant un matin pluvieux, de ceux qui font se demander où vont les choses, et les relations avec les autres (ce qui semble être le thème évoqué). La guitare est chaleureuse, et semble être jouée avec une forme de paresse ... qui la rend irrésistible. Encore une fois, Tracyanne éblouit le morceau en chuchotant, accentuant ainsi la sublime fragilité d'une composition tendrement nostalgique. En connaisseur, John Peel ne s'y était pas trompé : dès cette époque, Camera Obscura avait un bel avenir.
samedi 6 novembre 2010
Un single #11 : East Village - Cubans In The Bluefields [1988]
lundi 18 octobre 2010
Un single #10 : Ringo Deathstarr - Ringo Deathstarr EP [2007]
vendredi 24 septembre 2010
Un single #9 : Best Coast - Best Coast 7" [2009]
Sur la face-A, on trouve Sun Was High (So Was I), mid-tempo monolithique et lo-fi, fuzz fatiguée en avant sur une structure totalement épurée (tout juste deux accords ?). Mais quel charme. Et dans ce tonnerre de sentiments, la mélancolie occupe une place de choix, tant on s'imagine une fin d'été à la chaleur insoutenable, les yeux défoncés par le soleil (et par le reste ?), l'esprit tourné vers une contemplation ("Watch the cars go by") passive car dépassée. Une lente inertie donc, et les souvenirs probablement destructeurs de quelqu'un qu'on refuse d'oublier, chantés dans ces "I thought of you ..." répétés par une Bethany à la voix fragile et maladroite, noyée sous les guitares, renforçant une tenace impression de solitude. Moment d'égarement intense, éclairé d'une lumière et d'un amour épuisés, pour une composition fatale de sincérité, qui frappe en plein coeur, puis le brise lors d'un fade-out éprouvant. Sublime.
Côté B se présente d'abord So Gone (=>), qui duplique la recette de la langueur et des guitares crades, tout en renversant les impressions données juste avant. Car ici, c'est Bethany la forte tête qui parle, avec une voix emplie d'insolence, pour décrire un garçon qui ne sait pas ce qu'il veut. Le je-m'en-foutisme n'est donc pas loin, autant dans le son que dans le ton, et on se laisse bien vite gagner par ce sourire ironique. La composition bascule surtout par les "Oooooh" placés à la fin, qui font glisser vers l'évidence une mélodie pop sur laquelle le reste n'insistait peut-être pas assez. C'est donc dans un sourire qu'on accueille That's The Way Boys Are (=>), reprise d'une sucrerie pop 60's (signée Lesley Gore). Une relecture en douceur, plongée dans une reverb typique, et où la guitare mène le train tout en évitant de se montrer envahissante. Sans atteindre la beauté fatale des travaux des Raveonettes, ni s'attarder sur la candeur de la version originale, Bethany se livre à une reprise plutôt coquine, terriblement malicieuse, irrésistiblement dansante. Outre le fait de marquer une influence, se dessine ici surtout la mesure du temps qui passe : dans une autre époque, Mademoiselle Cosentino aurait peut-être été l'égérie d'un girl group produit façon Phil Spector. Si les formes ont quelque peu changé, des filles parlent encore de garçons, et la pop, éclatante, reste le fil conducteur.
samedi 4 septembre 2010
Un single #8 : Memory Cassette - Call & Response EP [2009]
Le premier binôme est Surfin'/Body In The Water (=>). L'occasion d'abord de goûter une voix féminine pour le moins sensuelle, accompagnée d'un beat estival et dansant. On se glisse bien vite dans cet univers de boucles synthétiques malicieuses, de petites touches (découvertes ou redécouvertes à chaque nouvelle écoute) qui font toute la différence. La construction du morceau, loin de toute structure claire, envoute et séduit, en laissant au chant une première moitié, avant de confier la seconde à un passage instrumental allumeur de dancefloor, façon Saint-Etienne à la plage. Sur Body In The Water, le rythme se calme, et l'on semble plonger et s'oublier dans l'eau que l'on vient de contempler depuis le bord de mer. Vocaux perdus, claviers tourbillonants, beat volatile jusqu'à sa disparition pour un pont sur lequel on ferme les yeux pour mieux sentir le vent effleurer notre peau, tout converge vers une contemplation délicieuse, un laisser-aller mystérieux, car générateur de sensations.Sur la B-side s'élève avant tout la monumentale Asleep At A Party. La sublime évidence mélodique est portée par des nappes qu'on croirait empruntées chez Slowdive, tandis que la basse ronde et généreuse se balade langoureusement. La voix, noyée par la reverb, gagne un territoire fait d'une douce nostalgie, d'images vieillies, de visions brouillées qui laissent l'imaginaire prendre le relais (il en est d'ailleurs de même pour les paroles, indéchiffrables, donc potentiellement magnifiques). La composition pop pointe avec timidité le bout de son nez : on identifie un refrain et des couplets, même si l'homogénéité de l'ensemble reste totale. Puis, un pont mettant en lumière des choeurs immaculés fait office d'envol pour un dernier refrain bouleversant d'ampleur, de mélancolie insidieuse, car éclairée par le soleil couchant. Dans ces conditions, il est vrai qu'on oublierait vite le final constitué par Last One Awake (=>), appendice court et presque indéchiffrable, pour le coup véritablement perdu, peut-être trop marqué par l'épisode précédent. Qu'importe, il s'agit d'un retour sur terre lent mais nécéssaire. Le voyage était beau, avant tout plein de promesses, et déjà, d'une forme de maturité.
lundi 23 août 2010
Un single #7 : The Pains Of Being Pure At Heart - Everything With You [2008]
Il y a des chansons, des singles, qui raisonnent dans l'histoire d'un groupe comme un déclic, un retournement de situation, un changement radical. Combien, sur ce format, ont explosé en vol, se sont perdus ? Combien d'autres, au contraire, sont passés du statut de parfaits inconnus à celui de héros, de leur chapelle ou de la planète entière ? Pour The Pains Of Being Pure At Heart, le tournant s'est produit en Octobre 2008, avec la sortie de leur première référence chez Slumberland, le single Everything With You. Avant ça, la bande de Brooklyn peinait à se faire remarquer au delà des quelques allumés qui suivaient les nouveaux groupes indie-pop en espérant une vague résurrection médiatique de cette scène. Un EP auto-produit (à 3 seulement, avec une boite à rythmes) et distribué par leur propre label (Painbow Records), quelques split-singles, et c'était à peu près tout. DIY, et pas encore sur le radar. Puis, donc, la signature chez le plus beau label indie-pop américain. Et tout bascule.
Qu'a donc cette face-A, Everything With You, pour mettre à ce point le feu aux poudres ? Tout, serais-je tenté d'affirmer. Quatre accords lacérés servent d'introduction à un brûlot noisy-pop intemporel. Le propos peut sembler heurté et urgent, marqué par l'engagement de cette rythmique rutilante. Mais au fond, d'autres impressions, plus mélancoliques, dominent, amenées en particulier par la voix effacée de Kip Berman, et sa façon d'égrainer les "Are you with me ?", en duo garçon/fille avec Peggy Wang. Un peu comme deux gamins, perdus mais amoureux, qui regarderaient autour d'eux avec fébrilité et inquiétude, avant de s'abandonner à ne plus penser qu'à eux-mêmes dans un refrain qui déferle avec évidence. Le contraste est d'ailleurs jouissif, tant le déluge de guitares semble les dépasser, eux et leur déclaration innocente et touchante ("I'm with you, and there's nothing left to do/Tell me it's true/I'm with you, and the stars are crushing through/Tell me it's true/I want everything with you"). Le solo passe en laissant le même brasier émotionnel qu'un baiser donné à la bonne personne, au meilleur moment. La magie de certains instants bel et bien vécus, The Pains Of Being Pure At Heart parviennent à la retranscrire, enrobée d'énergie adolescente et de sentiments incandescents.
Le coeur bat peut-être encore plus fort quand déboule la face-b éponyme The Pains Of Being Pure At Heart (=>). Le miracle fuzz opère pour de bon : la mélodie très pure et les paroles respirent une insouciance infectieuse ("So close your eyes/We will never die no, no we will never ... die."). Les mots semblent si simples, mais sont en réalité porteurs authentiques de sens, d'importance, pour peu qu'ils soient chantés à la façon de Kip Berman, la gorge nouée et le coeur serré. La composition est d'une intensité éclatante, et s'impose, à mesure qu'elle refuse de faiblir, de retomber, comme un hymne capable en un instant, dans sa course folle, de tout emporter, de tout faire oublier. Une nouvelle fois, le groupe démontre son génie dans l'art de décrire certains moments, perçus avec une puissante sincérité. Chez les coeurs purs, ces chansons sonnent comme un exutoire, l'expression magnifiée de ce que l'on a pas pu, ou pas su retenir. "We will never die", répètent-ils pour conclure. Dit comme cela, je me laisse volontiers convaincre.