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lundi 20 juin 2011

Chez Sarah #12 : Another Sunny Day - Anorak City [SARAH 3]

Je crois avoir déjà utilisé, la première fois que j'ai parlé d'Another Sunny Day (pour I'm In Love With A Girl Who Doesn't Know I Exist), le terme d'"hymne". "Rien que ça!", pourrait-on me rétorquer, mais c'est pourtant la seule manière, à mon sens, d'expliciter à quel point les chansons d'Harvey Williams sont de celles qui marquent les esprits par leur acuité, évoquent une époque par la définition exaltée qu'elles en donnent, et s'avèrent indispensables tant elles paraissent synthétiser l'imaginaire collectif. Un peu plus de deux minutes suffisent à Anorak City, troisième référence chez Sarah Records, pour ouvrir, dès sa sortie en 1988, le sillon de ces chansons éclatantes, sillon par ailleurs gravé sur de fins morceaux de vinyle dits "flexi-disc" (celui-ci ne fait d'ailleurs que 5"), produits à prix avantageux, mais voués à rapidement se détériorer, s'abîmant plus vite que le temps qui passe ...


Anorak City (=>) donc. Le ton est donné dès la première seconde : une batterie rudimentaire galope tête baissée, tandis que la guitare abuse d'un seul accord. Cette guitare fait presque le morceau à elle toute seule : branchée sur une pédale de fuzz, elle irradie littéralement la chanson d'une insouciance magistrale. Il n'est alors même pas étonnant d'entendre arriver la voix d'Harvey Williams, tellement perdue dans cette production à trois sous que l'on jurerait que c'est un enfant qui chante ces mots, avec toute la naïveté du monde. L'évidence naît sans doute de la rencontre de l'énergie effrontée des six cordes craquantes et crépitantes, avec l'innocence twee la plus pure qui prend forme sur les "la-la-la" du refrain, ou dans les paroles mignonnes, même adorables ("Will you be my Anorak, baby ?/Come on honey please don't say maybe./Say you'll forever be mine./We'll stay until the end of time in Anorak City ..."). Forcément, tout ceci est porté par une mélodie fulgurante et empreinte de simplicité, avant que, pour finir, un solo déraille en larsen pour tout emporter dans un sourire coquin. Magique!

vendredi 12 novembre 2010

Chez Sarah #6 : Another Sunny Day - I'm In Love With A Girl Who Doesn't Know I Exist [SARAH 7]

Ouvrir le dossier Another Sunny Day, c'est immanquablement retracer une bonne partie de l'histoire de Sarah Records. Songez-donc : Harvey Williams, l'homme derrière ce projet, a également joué avec The Field Mice, Blueboy, ou encore The Hit-Parade (sans compter, mais il faut sortir de Bristol, une participation au Foxbase Alpha de Saint-Etienne). Mais non content que son (premier) projet solo ait inspiré un joli morceau à Belle & Sebastian, ce bon Harvey a surtout écrit quelques chansons absolument fantastiques, qui ont marqué, symboliquement au moins, l'histoire de Sarah. On pourrait citer l'inaugural Anorak City (tout un programme ...), mais je m'attarderai plutôt ici sur ce second single d'Another Sunny Day (déjà, alors que ce n'était que la septième référence du label), I'm In Love With A Girl Who Doesn't Know I Exist, sorti en Juillet 1988.

Seule sur la face-A, on retrouve logiquement I'm In Love With A Girl Who Doesn't Know I Exist (=>), dont le seul titre, à la fois malicieux et totalement désespéré, laisse présager de quelque chose dont on ne se remettra pas facilement. Et fatalement, c'est un hymne qui se joue pendant tout juste 1 minute et 38 secondes. Cela peut sembler terriblement court, pourtant tout sera dit, rien ne sera oublié. Mélodie intemporelle sur une batterie perdue, guitares superposées et belles à pleurer, l'instant est fait de magie, de cette manière qu'ont parfois les choses un peu tristes de devenir inoubliables sans qu'on sache vraiment pourquoi. Les mots, eux, sont simples, mais décrivent pourtant à merveille ces sentiments ressentis par ceux qui vivent en secret un amour impossible ("So I'll just lie and dream of the chances I've missed./I'm in love with a girl who doesn't know I exist."). Ces paroles, on a envie de les chanter à gorge déployée (ou de les murmurer dans son coin) quand ça va pas fort, quand les jambes flanchent un peu, quand les yeux sont dans le vague, ou même qu'ils sont un peu humides ... Une chanson (un archétype ?), comme un signe ultime, probablement, que Sarah savait parler aux timides ...

Sur la face-B, encore deux pépites, à commencer par Things Will Be Nice (=>), elle aussi coincée sous les deux minutes, mais qui dévoile une ligne mélodique aussi claire qu'un "autre jour ensoleillé" ... Fondamentalement simple, à peine maladroit, inévitablement touchant. Encore une fois, les paroles sont légèrement amères, mais un espoir lumineux filtre par la fenêtre entrouverte. Pour finir, on plonge dans The Centre Of My Little World (=>). Un monument d'écriture pop naïve mais incandescente, où tout va bien, puis plus vraiment, et puis tampis puisqu'on peut toujours en faire une chanson parfaite. De ces montagnes russes émotionnelles (aux arpèges éclatants ...), on ressort un peu chamboulé, mais convaincu qu'existe une place pour ceux qui écrivent ce que dicte leur coeur, seuls depuis le fond de leur chambre. Au milieu de "leur petit monde", un peu fragile, mais où tout est possible, on croise cette fille (forcément), de l'amour (nécéssairement), des déceptions (fatalement), et surtout des pop-songs magistrales, manifestes sincères de leurs histoires introverties ...
 
 
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